Cette fois on abordait un des thèmes favori de mon ami Trap qui est largement sceptique sur l’utilité du vote.

Avec ce constat, je fais quoi ? interroge Trapanil. Le vote ne sert à rien, ajoute-t'il.
 
Alors, pour une fois je répondrai là dessus, car sans me faire d'illusion sur la véritable capacité du vote à changer radicalement les choses, je lui trouve une petite utilité. Et je viens de trouver une formule tout au moins aussi bonne que celle qu'on nous sert souvent : "Si le vote était utile, ça fait longtemps qu'on l'aurait interdit !" Et je réponds, toc ! " Si le vote ne servait à rien, ça fait longtemps que tous les gouvernements l'auraient autorisé !". Car un vote ne fait sans doute pas la révolution, mais ça peut changer beaucoup de choses. Si aux élections les partis écologiques ou anti-capitalistes, quelles que soient les illusions qu'ils véhiculent ou même les ambigüités qu'ils sous-tendent faisaient un score plus important que les 15% qu'ils représentent, ils pèseraient suffisamment pour obliger les dirigeants à en tenir compte. Sinon, pourquoi s'inquièteraient-t'ils ? Et je suis sûr que ceux qui pensent que les gouvernements démocratiques font ce qu'ils veulent contre l'opinion, se trompent. Et quel meilleur sondage en définitive que l'avis de 30 millions de personnes ? Et, dernier argument, quand on dit un million plus un million, au bout du compte ça compte, ici c'est la même chose.
 
Au sujet des pays émergents qui veulent vivre comme nous, ça me parait légitime. Et ce n'est pas forcément quelque chose d'apocalyptique. Parce que on oublie une chose : nos pays développés, qui maintenant polluent plutôt moins que l'Inde ou la Chine ont beau jeu de pointer du doigt les vilains pollueurs : c'est pour fabriquer nos produits de consommation qu'ils tournent à plein régime. On leur délocalise la fabrication et donc aussi la pollution industrielle, et pour l'éliminer, qu'ils se débrouillent... On en revient toujours aux mêmes causes : délocalisation = coût de fabrication moins cher, règlementation moins contraignante, contraintes écologiques moins pesantes = plus de sous-sous dans la popoche !!! Les pollutions, les gouvernements n'ont qu'à s'en occuper...
 
Donc pour en revenir aux aspirations des populations des pays émergents, elles peuvent être réalisées si l'ensemble des pays revient à un développement raisonné et durable, tous les pays bien sûr, y compris les pays riches, mais il faut une volonté politique qui n'est pas encore évidente, et prendre des mesures sans doute coûteuses, mais qui affirme encore aujourd'hui que de l'argent il n'y en a plus ?
 
Et dernière chose, aprés je ne parle plus, promis. Je n'ai jamais dit que la résistance personnelle était inutile, bien au contraire. Elle montre déjà une prise de conscience qui fait réfléchir les dirigeants politiques, et maintenant plus écolo qu'eux tu meurs. Et elle est aussi efficace, j'en suis persuadé. Mais ce n'est qu'un volet de l'ensemble du problème et si on ne traite pas l'autre volet qui est plus important, on essaie de remplir  le tonneau des Danaïdes.